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Mickey au service de l'engagement et de la créativité

Dernière mise à jour : 16 janv.



Alors que certains doutent de l’intérêt de revenir un à deux jours par semaine au bureau et hésitent à passer totalement en mode remote, Bob Iger, dans son harangue aux collaborateurs de Disney à l’occasion des vœux, est très clair et prône un retour au travail présentiel sans équivoque :

« Dans une entreprise créative comme la nôtre, rien ne peut remplacer la capacité de se connecter, d’observer et de créer avec des pairs, qui découlent du fait d’être physiquement ensemble, ni l’opportunité de se développer professionnellement en apprenant des leaders et des mentors ».

Toutes les émotions – les bonnes comme les mauvaises- (stimulation, agacement, jalousie, convoitise, compétition, joie…) qui sont ressenties et partagées au bureau, sont des sources d’action, de création et parfois même d’innovation ; et comme le disait si bien le Professeur Laborit au siècle dernier : « un système nerveux ça ne sert qu’à agir ». Son analyse du télétravail et des réunions en distantiel sur le cerveau et les « maladies de civilisation » aurait été, à n’en pas douter, très instructive…. Il n’est donc pas surprenant que le boss de Disney, rappelé à la rescousse après 2 ans d’absence, sollicite la mobilisation en présentiel des forces vives de l’entreprise pour en relever les défis.

Ainsi, dès le 1er mars, les salariés de Disney devront être présents 4 jours sur 5 au bureau… mesure qu’Appel, Google ou encore le polémique dirigeant de Tesla ont déjà prise avant lui.
Mais cette directive est-elle conciliable avec le nouveau work-life balance post pandémie Covid ?
En effet, dans le même temps, on sait que le télétravail est plébiscité par la majorité des salariés et apparaît comme un ingrédient indispensable à la Qualité de Vie au travail -QVT - devenue depuis un an la QVCT. Le baromètre « Télétravail et Organisations hybrides 2022 » de Malakoff Humanis rappelle que le télétravail est un choix pour 68% des salariés en France.
L’étude Beekast en partenariat avec Opinion Way de novembre 2022 nous apprend de son côté que 80% des cadres préfèrent maintenir un mode de travail hybride, et que pour 75% d’entre eux le télétravail contribue à un meilleur équilibre des temps de vie.

Alors comment résoudre l’équation entre Qualité de vie au travail d’un côté, et engagement et créativité indispensable à la plupart de nos entreprises ? L’hybridation du travail prendrait il la forme d’un nouvel antagonisme opposant patrons recherchant investissement psychologique et intellectuel de la part de leurs salariés, et collaborateurs qui eux mesurent- non pas leurs efforts (la culture du livrable a enfin gagné contre celle du présentéisme)- mais leur engagement ?
Employeurs et employés vont-ils encore passer côte à côte sans parvenir à faire converger leurs intérêts ? Comment résoudre cette nouvelle équation proposée par les évolutions technologiques mises en œuvre dans la sphère du travail ? On peut travailler de partout, de n’importe où, c’est certain. Mais l’on s’interroge alors sur ce que signifie travailler, produire… serpent de mer encore et toujours, tout particulièrement pour les entreprises de service.
Certes les entreprises qui continueront à faire la part belle au télétravail en se montrant généreuses sur le nombre de jours travaillés depuis la campagne, le bord de mer ou du fond de caverne, gagneront probablement en attractivité et en fidélisation de leurs talents (c’est en tout cas ce que croient 64% des dirigeants interrogés par Malakoff Humanis – 81% d’entre eux estiment que le télétravail répond à une demande sociale !) ; mais cela sera-t-il au prix d’une baisse de créativité ? La faute à un travail en pantoufle et pilou-pilou ?

Face à cette aporie, quel chemin prendre ? doit on se résoudre à avoir des salariés épanouis, mais peu engagés et créatifs ou à peiner à attirer des talents dans un marché déjà très tendu ? peut-être pas.
La réponse pourrait être dans la semaine de 4 jours en cours d’expérimentation dans certains secteurs tendus et réputés peu conciliables avec la qualité de vie au travail tels que la restauration par exemple. Les directions sociales des entreprises ont encore de belles négociations devant elles !


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